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 Beat it ! [PV Ivyyyy <3]

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MessageSujet: Beat it ! [PV Ivyyyy <3]   Mar 18 Aoû - 21:15

    Ce musée était tout simplement splendide. Peut-être que ça faisait déjà trois ans que j'y venais fréquemment - je dirais au moins une fois par semaine sans faute - mais c'était vraiment un de mes endroits favoris dans tout Londres. Qu'est-ce qu'un musée, dans le fond ? C'est le seul endroit où on peut s'assoir pendant trois heures au même endroit en restant silencieux comme une carpe sans se faire dévisager comme si on était un alien. Je suis ce genre de garçon ; je peux m'assoir au même endroit pendant des heures et me contenter d'observer les gens qui passent devant moi. Ça peut sembler fou, ou encore, ça peut l'être, mais c'est plus intéressant que l'ont peut le croire. Les gens agissent parfois d'une façon tellement étrange ! J'avoue que ça me donne de très bonnes idées pour les personnages secondaires de ma BD, même si ceux qui me connaissent ne se demandent plus vraiment qui servent d'inspiration pour les personnages principaux... Je sais bien qui Xavier Zentala, mon héros, incarne, tout comme je sais qui ce gamin un peu trop intelligent qui me sert de vilain représente. Mais, ce n'est pas le genre de chose auquel je pense habituellement. Je m'en voudrais bien trop de mettre mon petit frère dans une telle position, sinon.

    Quoi qu'il en soit, j'étais maintenant assis ici, sur ce banc inconfortable, depuis tellement longtemps que je ne sentais même plus mes pauvres petites fesses. Bon, j'exagérais peut-être un peu... Mais, pas tant que ça ! Ça faisait près de deux heures que je regardais les gens passer devant la statue de cire que je m'amusait à dessiner, même si le véritable but de ma visite n'était pas de dessiner Michael Jackson version grosse bougie, mais plutôt d'observer ceux qui arrivaient face à lui. Ça pouvait être très marrant, comme par exemple cette adolescente un peu bizarre qui voulait absolument embrasser la statue de cire. Deux gardes ont été obligés de s'en mêlé et la pauvre petite était presque en pleurs. Quand je disais que les gens sont parfois bizarres, ce n'était pas des blagues. J'eu tout de même un petit sourire désolé pour l'adolescente qui elle, me renvoya un regard chargé de mépris. Ça n'avait jamais vraiment été différent avec la majorité des gens. Je ne sais pas pourquoi, mais certaines personnes sont incapable de voir le bon côté de ceux qui les entoure. Ils préfèrent de loin les tenir à l'écart... M'enfin, je divague encore une fois.

    Mes fesses étaient encore toutes engourdies, les pauvres. Je bougeai légèrement sur mon banc, retenant de peine et de misère tout mon matériel d'artiste qui menaçait de tomber à la renverse. Je laissai échapper un soupir découragé en voyant mes crayons au plomb finement aguisés tombés sur le sol. C'était le genre de chose qui n'arrivait qu'à moi... Pourtant, j'étais de ces rares personnes qui détestent avoir tous les regards braqués sur ma petite personne. J'aime passer inaperçu... Il y a moins de chance d'être mal perçu par les autres s'ils ne nous remarquent pas, non ? Malheureusement, les regards étaient à présents tous braqués sur moi et j'avais l'impression que les chuchotements que j'entendais à présent m'étaient tous destinés. Paranoïaque ? Peut-être un peu... Mon psychologue vous en dirait probablement plus sur le sujet, mais on s'entend que c'est la seule personne que je n'aime pas du tout. C'est probablement parce qu'il est incompétent... ou bien parce qu'il a trop raison, au choix. Quoi qu'il en soit, mes pauvres crayons qui m'avaient coûtés horriblement chers (ou plutôt, qui avaient coûtés horriblement chers à papa) étaient encore à mes pieds. Je poussai un soupir en m'agenouillant sur le sol pour les ramasser, tentant de ne pas faire trop de bruit cette fois. Les regards s'étaient posés à nouveau sur les statues, mais j'avais l'impression que tout le monde m'observait du coin de l'oeil.

    Nouveau soupir de ma part alors que je me redressais pour m'assoir à nouveau sur mon petit banc éloigné de tous. Je posai mon regard sur l'esquisse de Michael Jackson que j'avais dessiné. Pourquoi avais-je fais ça ? Je ne l'aimais même pas, ce chanteur ! Je faillis lâcher un énième soupir, mais la voix de maman me vint en tête. « Coeur qui soupir n'a pas ce qu'il désir, mon poussin. » Elle me disait constamment ça, probablement pour que j'arrête de soupirer comme un vieillard qui regrettait une vie dont il n'avait pas profité suffisamment... Je cessai donc et levai la tête pour observer à nouveau les gens qui se présentaient devant la statue de Michael Jackson. Apparemment, je n'allais pas être déçu de celui qui venait de se présenter devant la dite statue...
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Ivy D. Lockland

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MessageSujet: Re: Beat it ! [PV Ivyyyy <3]   Jeu 20 Aoû - 17:55

    Ce que je foutais dans ce musée ? Je venais voir la chambre des horreurs, évidemment. J’y étais allé neuf fois en tout, là, c’était ma dixième. Une fois sur deux, j’arrivais à me faire passer pour un moins de seize ans, quand la fille à l’entrée était un peu bête. Donc ça me revenait moins cher. Fallait dire, j’avais l’air jeune quand même et puis je n’avais qu’un an de plus que l’âge limite. Aujourd’hui, malheureusement, ça n’avait pas marché. Elle avait eu l’intelligence de me demander ma carte d’identité et j’avais dû payer le prix fort. Du coup, j’étais d’assez mauvaise humeur, évidemment. Enfin. Le seul problème chez Madame Tussauds c’est que t’es à chaque fois obligé de faire toute la visite, ce qui m’intéressait beaucoup moins. Pourtant, là, je m’étais dit que je devais voir cette nouvelle figurine de Michael Jackson. Juste pour satisfaire ma curiosité personnelle. Qui était assez minime, mais bon. Je marchais lentement, reluquant les gens qui gambadaient autour de moi avec un sourire idiot ancré sur le visage. J’aurais bien aimé leur arracher les yeux comme j’aurais adoré donner des coups de pieds aux gamins qui me fonçaient dedans parce qu’ils ne regardaient pas devant eux. Je détestais les enfants. Peut-être parce que je n’étais pas vraiment passé par ce stade. A six ans, j’étais déjà bien plus mature que n’importe qui de quatre ans de plus. Et je pensais bien sûr à mon frère en insistant sur cela.

    J’atteignais alors cette maudite statue. Enfin ! Encore un morveux inattentif et j’aurais pété un câble. J’observais mister Jackson version cire avec mon œil critique infaillible, relevant tous les défauts possibles et imaginables. Et j’en trouvais plein, comme à mon habitude. Il y a beaucoup d’inconvénients à être trop intelligent. Premièrement, on te présente souvent comme un phénomène de foire, deuxièmement, tu te fais continuellement harceler de questions insensées et dernièrement, tu ne profites jamais des choses tellement tu te sens obligé de tout analyser. C’était précisément mon cas. Je ne pouvais pas m’en empêcher, c’était plus fort que moi et clairement, ça me pourrissait la vie. Pas autant qu’une personne quelconque pouvait le faire rien qu’en m’adressant la parole, par contre. Je poussais alors un énorme soupir de déception, bien exagéré pour que ça fasse plus vrai. Ouais, je n’étais pas réellement déçu. Déçu d’un Michael Jackson en cire, tu m’en diras tant. C’était juste ma coutume de faire semblant pour passer inaperçu dans la foule.

      « Incapacité déconcertante à réaliser une copie correcte du modèle. J’me demande si c’est parce qu’il est mort avant. »

    Sans commentaire, d’accord. Parler tout seul, ça m’amusait. Ou plutôt c’était pratique pour que la populasse me prenne pour un taré. Ainsi, ils n’osaient pas me déranger et même, pour certains, ils faisaient tout pour m’éviter. Finalement, je me retournai et remarquai un jeune homme assis sur le banc d’en face. Il avait des crayons, un bloc de feuilles et les yeux rivés dans ma direction. Sans doute était-il là pour dessiner son idole le roi de la pop. Décidément, j’en croisais des artistes en ce moment. Bon, de toute façon, j’étais pas en forme, me reposer un moment était une bonne initiative. Autant aller voir ce qu’il trafiquait tout seul sur son banc. J’étais curieux de nature, j’aimais apprendre, et je crois que c’était un peu mon lot puisque j’étais surdoué. Je m’approchai donc de lui, et une fois à distance réduite, je haussai un sourcil. C’était bizarre, il me rappelait quelqu’un. Et je replaçais vite un nom sur cette personne dont il ne me restait plus qu’une image très vague : Asher. Je savais pas trop, c’était peut-être ce petit côté effacé, du genre : « non, ne me regardez pas ! ». Je me demandais rarement ce qu’était devenu mon frère. J’ignorais même s’il avait été accueilli chez des parents un jour. Il était adolescent lorsqu’on avait été séparé. Les statistiques stipulaient qu’il y avait beaucoup plus de chances d’être recueilli si l’on avait moins de dix ans. En fait, c’était un peu comme avec les animaux : les futurs maîtres choisissaient toujours les bébés.

      « Hum… Belles proportions. »

    Je lui décochai immédiatement mon sourire dévastateur. Il fallait bien que je le trouble si jamais il avait l’idée de protester à ma venue. J’étais prévoyant, et rien d’autre. Un peu manipulateur sur les bords, mais quand on avait un sourire tel que le mien, on en profitait, c’était aussi simple que ça. Tout le monde craquait à chaque fois, comme si j’avais été le gamin le plus adorable de la planète, même si j’avais pas arrêté de les descendre en flèche la minute d’avant. Bref, je m’asseyais donc à côté de lui, sans respecter les règles de politesse stupides comme « est-ce que je peux me mettre là ? ». Oh, c’est un banc public, nan mais. C’était nul, les musées. Pourquoi j’y allais encore, moi. Quoique, y’avait un briquet dans mon paquet de cigarettes. Avec de la cire partout autour, ça pouvait être drôle. Mais pas maintenant. Je ramenai donc mon attention sur le dessinateur et le dévisageai sans ménagement. Bah quoi ? C’est pas impoli de trouver les gens beaux, quand même ?
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MessageSujet: Re: Beat it ! [PV Ivyyyy <3]   Ven 21 Aoû - 2:08

    Je ne détournai pas le regard du jeune homme qui venait de s'approcher de la sainte statue de Jackson. Ce gamin semblait être un peu étrange et pas seulement dans ce qu'il faisait. C'était dans tout son être que je lui trouvais un truc louche. Mais, je n'aurais su mettre le doigt sur ce qui clochait chez lui. Il aurait pu être un très bon sujet pour ma bande dessinée. Même que « très » était un mot un peu faible sur le coup. J'avais besoin de plusieurs personnages secondaires pour cette BD, surtout parce que je voulais qu'elle continue encore très longtemps. Je n'étais pas de ceux qui voulaient tout arrêter après quelques sorties bien croustillantes. Moi, je rêvais de Batman et de Superman, que tout le monde sans exception connait et qui ont été imprimés pendant je ne sais combien d'années. Ça, c'est de la vraie BD, contrairement à toutes ces feuilles de chou que l'on tente de nous faire gober sur une base trop régulière pour être acceptable ! En plus, je déteste le chou... M'enfin... Si j'étais un peu réticent à l'idée d'utiliser ce gamin pour faire un quelconque personnage, c'était plus par sentiment de déjà vu que par manque d'inspiration. Pour ce qui était de l'inspiration, cet étrange personnage qui regardait la statue du roi de la pop comme s'il cherchait une pépite d'or dans la cire était le parfait sujet. Mais, il me faisait penser à... Haltier... Ivy.

    Je fermai les yeux un instant, tentant de chasser cette image de ma pensée. Ivy qui me murmurait méchamment que je ne trouverais jamais une famille bien parce que j'étais bien trop vieux pour que quiconque ne veuille de moi. Ivy qui montait dans la voiture de cet étranger pour se séparer à jamais de moi, sans même avoir des remords. Ivy qui paru si dégoûté lorsqu'il vit mes larmes... Ce gamin était d'une intelligence extrême, mais il ne l'était pas assez pour comprendre les sentiments humains. Je m'en voulus sur-le-champ d'avoir eu cette pensée. C'était méchant, injuste et surtout gratuit comme remarque. Une remarque silencieuse, mais ça en restait tout de même une. J'aimais mon petit frère et ça, jamais personne ne pourra me faire dire le contraire, puisque c'est plus que vrai. Mais de là à vouloir le revoir ? Ça, c'était une bonne question... Une question à laquelle je n'avais pas de réponse et à laquelle je n'en trouverai probablement jamais. De toute façon, je ne le reverrai plus. Je devais cesser de me tourmenter avec ça. Après tout, qui me disait qu'il était encore en Angleterre ? Il aurait très bien pu être déménagé à l'externe depuis tout ce temps...

    Je sortis soudainement de mes songes lorsque j'entendis le gamin s'exclamer tout haut que cette statue était des plus médiocre. Apparemment, il ne s'était jamais essayé à la sculpture. C'était un art particulièrement difficile. L'artiste qui avait fait cette statue était très doué, même si effectivement, il y avait quelques imperfections. Elles n'étaient pas visibles pour un oeil inexercé, alors ce n'était pas un gros problème, dans le fond... J'eu envie de crier au petit culotté que justement, ce qui faisait la beauté et, surtout, l'humanité de l'art, c'était son imperfection. Mais, je ne le fis pas. Je n'étais pas le genre de type qui criait à n'importe qui aussitôt qu'il faisait une bêtise ou quoi que ce soit... Je préférais bien sûr rester dans mon coin à contempler ce qui arriverait par la suite. Pas que j'avais un mauvais fondement, mais j'ai toujours détesté être le centre de l'attraction. Ça, vous l'aviez probablement remarqué depuis un petit bout de temps...

    C'est alors que je vis le gamin s'approcher de moi. Je détournai rapidement le regard, gêné d'avoir été pris sur le fait. Observer les gens ainsi était souvent considéré comme impoli. J'eu soudainement peur qu'il vienne m'engueuler pour attentat à la pudeur... Non, en fait oubliez ce que je viens de dire. C'était un peu ridicule, il faut l'admettre. Je relevai le regard alors que le jeune homme s'arrêta directement devant moi. Il était un peu étrange, mais pas dans le mauvais sens du terme. Il était mignon, mais peu commun. On n'en voyait pas des comme ça à tous les coins de rue, en tout cas. Alors que je pensais que le jeune homme allait me lâcher froidement que je devrais me trouver quelque chose de mieux à faire que d'observer les gens, il me complimenta plutôt sur ce que je venais de faire. Je lui offris mon plus beau sourire en répondant doucement :


    « Merci. Ça fait plaisir à entendre. »

    C'est alors que je fus éblouis par un magnifique sourire comme il nous est rarement donné d'en voir. Cependant, alors que plusieurs devaient fondre en le voyant, moi, mon coeur sembla plutôt se serrer un instant dans ma poitrine. Je déglutis avec peine, mais retrouvai rapidement mon sourire. La ressemblance était frappante... Enfin, d'après mes souvenirs bafoués. La mémoire, c'est quelque chose de très sélectif. Parfois, on peut être convaincu d'un fait du passé, marquant ou pas, et se tromper complètement dessus. Ce n'est pas être menteur. C'est normal... la mémoire est ainsi. C'est cela, être un être humain. Je continuai donc de sourire, un sourire qui trahissait une certain gêne alors que le nouveau venu m'observait assez intensément. Quoi ? J'avais de la purée de pomme de terre sur le bout du nez ? Ah nah, impossible. Je n'en avais même pas mangé aujourd'hui. Je baissai le regard sur mon dessin, que je commençais à trouver pitoyable maintenant que quelqu'un avait posé les yeux dessus. Ne sachant plus trop quoi dire, je décidai que même si le gamin semblait un peu étrange, la politesse exigeait de moi que je me présente. Ainsi, je relevai les yeux vers lui et, toujours souriant, fit ce que ma conscience - qui avait soudainement la voix de ma mère - me forçait à dire.

    « Je m'appelle... »

    J'étais sur le point de finir ma phrase lorsqu'un vacarme épouvantable me fit sursauté, faisant tomber tous mes crayons par le fait même. Je me retournai vivement vers la source du bruit, me demandant ce qui se passait là. Apparemment, ils avaient eu un petit problème de montage pour leur dernière exposition... Plusieurs lumières s'étaient fracassées au sol et celui qui s'occupait des opérations piétinait au centre avec une apparente envie de tuer plusieurs de ses techniciens à l'éclairage.

    « Ils ont bien faillit me tuer... »

    Je me retournai vers le garçon en soupirant, soulagé d'avoir pu mettre un événement sur le bruit qui m'avait fait si peur. Il ne m'en fallait pas beaucoup, c'était vrai... Mais, c'était le genre de chose qui vous prenait au coeur sans raison apparente !
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MessageSujet: Re: Beat it ! [PV Ivyyyy <3]   Mar 25 Aoû - 17:49

    Il m’avait souri et m’avait remercié de mon compliment. La phrase qu’il me sortit faisait partie de celles que je détestais particulièrement entendre. Genre inutile, il n’y avait pas mieux. Bon, oui, la politesse et moi, ça faisait deux. Mais combien de fois faut que je dise que je m’en fous que t’aille bien ou mal ? C’est pas comme si ça allait sauver la planète des catastrophes naturelles. Le savoir-vivre, mais où ils étaient allés chercher ça ? C’était juste une perte de temps. Imagine, tu prends chaque fois une minute pour blablater avec une connaissance que tu croises dans la rue, blabla qui ne t’apportera rien de nouveau. Et toutes ces minutes étendues sur une vie, ça fait des mois de gaspillage à parler. Mais les gens sont trop égocentriques, ils veulent qu’on leur donne de l’attention, qu’on les admire, qu’on les adule. C’était précisément ce que j’accordais à ce jeune homme, là. Simplement par curiosité. Je m’étais finalement assis à ses côtés et je ne détachai pas les yeux de son visage, impossible de m’en empêcher, de toute manière. Ses traits. Ils m’étaient tellement familiers. C’était certain, ça datait. Mais j’aurais juré qu’Asher devait ressembler très fort à ce type, maintenant. En fait, il reflétait parfaitement l’image de mon frère en version adulte que je m’étais créée depuis longtemps déjà. Quoique, pas les cheveux aussi longs. Enfin, détail.

    Peut-être qu’avec mes lunettes j’y verrais mieux, aussi. Aussitôt, je les retirai du bord de ma poche et les replaçai sur mon nez. Si on me trouvait déjà l’air taré sans, avec quelques personnes me prenaient pour un psychopathe au premier coup d’œil. Je ne portais certes pas des lunettes pour le plaisir, mais on va dire que la paire que j’avais choisie convenait bien au petit surdoué que j’étais. Elles étaient munies de gros verres carré et d’une monture assez épaisse noire. Bref, elles faisaient très geek et c’était ce pourquoi je les avais achetées, au final. Hum, voilà, c’était moins flou ainsi. Je pouvais tout distinguer nettement sans pour autant me tuer les yeux. Je me remis donc à fixer l’inconnu. Il allait finir par croire que je voulais le bouffer, mais bon, c’était pas comme si ça me dérangeait. Ha, quand même, Asher. J’étais bien content de m’en être débarrassé. Non, je veux pas qu’on me fasse la morale, c’est ton grand frère et gnagnagna. Je ne le respectais pas, je n’y parvenais pas. Il m’ennuyait, il m’exaspérait, il n’avait clairement aucun intérêt pour moi. Depuis tout petit, c’était comme ça. Je ne comprenais pas pourquoi il s’échinait à rester à l’orphelinat avec moi. Je souhaitais qu’il parte, à chaque fois. Et après, c’était trop tard. Et j’étais finalement parti avant lui. Faut pas imaginer que je le haïssais. C’était juste… Que je ne l’aimais pas, tout court.

    Il commença une phrase pour se présenter, je soupirai et ramenai mes jambes sous moi pour m’asseoir en indien. J’entendais d’ici les surveillants de l’orphelinat me hurler qu’on ne mettait pas les pieds sur les meubles. Qu’est-ce que j’adorais leur désobéir, à ceux-là. Ils ne saisissaient pas du tout que plus on interdisait quelque chose à un gamin, plus il persévérait à faire cela. C’était exactement mon cas. Mon passe-temps favori, c’était de transgresser toutes les règles de société que l’on pouvait m’apprendre. De toute façon, à l’orphelinat, c’étaient tous des ratés. Ils avaient tenté tant bien que mal de m’éduquer, ils me répétaient sans cesse de calquer mon comportement sur celui d’Asher. Je trouvais mon frère tellement idiot dans son rôle d’enfant modèle que le copier me semblait pire que ridicule. Moi je me forgeais mon caractère tout seul, je n’avais pas besoin d’un exemple. Je ne voulais pas être mon frangin, je voulais tout simplement être moi-même. C’était mon droit, nan ? J’allais donc connaître son nom quand il sursauta, stoppant son élan de politesse. Je le regardais avec un air perplexe, comme un intello devant un problème de mathématiques pas compliqué pour un sou. J’avais immédiatement compris la raison de sa petite frayeur. Le bruit, assurément. Tout le monde a déjà deviné que je n’avais aucunement réagi, de quelle manière que ce soit et que j’avais gardé mon regard posé sur le sosie d’Asher.

    Mais bon, vu qu’il avait laissé tomber tout son matériel d’artistes, je me dévouai à le ramasser en attendant qu’il ne rapporte son attention sur moi. Je descendis donc de mon perchoir, m’accroupissant pour rassembler les crayons puis me rassis à la même place rapidement, juste avant qu’il ne se retourne vers moi. A ses derniers mots, j’émis un léger ricanement. Faut avouer que c’était complètement stupide et sans aucun sens. Se faire tuer parce qu’une rangée de spots t’écrase, d’accord. Mourir parce qu’une rangée de spots s’éclate sur le carrelage, fallait être très, très cardiaque à ce niveau-là. En même temps, je n’étais même pas foutu d’avoir peur devant Alien et Jack l’éventreur, même dans le noir absolu dans une salle de cinéma quasiment vide. Donc je n’avais peut-être pas le meilleur avis sur la question. Je lui tendis ses crayons avec un sourire narquois. Il m’amusait bien pour l’instant, lui. Sans doute que c’était la ressemblance qui attisait ma curiosité. Mais dès que j’aurais trop d’informations, ça serait terminé direct, je n’aurais plus aucun intérêt à lui adresser la parole, quoi.

      « T’en as beaucoup des répliques comme ça ? On se croirait dans un mauvais film. Mais dans les films, c’est plutôt un sniper paumé qui vient de tirer dans le miroir à trois centimètres du héros. »

    Bah quoooi ? Oh, elle était encore gentille, celle-là. J’avais des piques bien plus mesquines et dures à entendre en réserve. Je pouvais pas être adorable à longueur de temps, voyons. Bon, je l’étais une seconde par jour en moyenne et c’était la seconde manipulation, mais ce n’était pas si grave... De mon point de vue, et c’était le seul qui comptait, alors voilà. Vu qu’il avait foiré sa présentation, j’allais le faire avant lui. L’honneur me revenait et j’allais lui donner… Mmmh, un faux nom, pourquoi pas ? Il avait des airs trop proches de ceux d’Asher pour que je me risque à ce qu’il trouve mon appartement ou même bêtement mon numéro de téléphone. J’étais du genre prudent quand il s’agissait de relations avec les autres. Je détestais tellement qu’on s’attache à moi que je faisais tout pour disparaître. Ainsi, je rencontrais la plupart des gens une fois, et ça ne se reproduisait plus par la suite. Mis à part pour les exceptions, comme ma meilleure amie et mon amoureux, lorsque j’en avais toujours, du moins. Ce jeune homme n’en faisait pas partie, de toute évidence.

      « En tout cas, moi, c’est Ian. »
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MessageSujet: Re: Beat it ! [PV Ivyyyy <3]   Mer 26 Aoû - 19:39

    Je ne restai pas bien longtemps fixé sur ce qui venait de se produire à quelques mètres de moi. Seulement juste assez pour voir ce qui se passait et ensuite, me désintéresser de la scène. Je détestais lorsqu'on me criait dessus et ça valait tout aussi bien pour ceux qui criaient sur les autres. On pouvait parler normalement, non ? Alors pourquoi crier comme des demeuré ? Ça mettait les gens mal à l'aise et c'était très loin d'être subtile... Je ne criais jamais, moi. Même quand j'étais gamin, je ne criais pas si je m'énervais contre quelqu'un. Mais, en fait, est-ce que je m'étais déjà énervé contre quelqu'un quand j'étais enfant ? J'avais beau y réfléchir, il ne me venait pas grand chose en tête... Peut-être pas, finalement. Enfin, probablement une fois ou deux, mais plus que ça, ça aurait été bien étonnant. Non, je n'ai jamais été le genre de garçon qui en voulais beaucoup aux autres. Je me disais que ces gens, lorsqu'ils agissaient d'une façon que l'on pourrait juger mauvaise, devaient avoir des problèmes qui les forçaient à agir ainsi. Il fallait donc les aider et ce n'était pas en criant sur eux qu'on le faisait.

    Quoi qu'il en soit, lorsque je posai à nouveau le regard sur l'étrange garçon qui s'était assis à mes côtés, il avait en main tout le matériel qui venait de tomber de mes genoux. Je rougis doucement, baissant le regard. Je me sentais mal à l'aise qu'il ait tout ramassé tout seul. Après tout, c'était à moi de faire ça, pas à lui. Je pris rapidement les crayons de ses mains, pas par peur qu'il les brise ou quoi que ce soit, mais plutôt pour me sentir moins gêné. Ne cherchez pas... Ce faisant, je murmurai :


    « Merci... tu n'étais pas obligé. C'est gentil. »

    Je relevai la tête en lui faisant un doux sourire. Il venait tout juste de mettre ses lunettes et je trouvais ça assez original, je dois dire. Elles me faisaient penser à celles de Clark Kent lorsqu'il avait son apparence de journaliste, même si on était assez loin du compte. C'était seulement une impression comme ça. Il fallait dire que le jeune homme n'avait rien du tout de Superman non plus. Et j'en étais bien content, parce que s'il avait eu la vision à rayon X de Superman, je me demande bien ce qu'il regarderait présentement... Depuis qu'il s'était approché de moi, il m'avait à peine lâché du regard. J'étais un intéressant sujet d'observation ? Je ne l'avais jamais cru. Il y avait bien mieux à observer dans les environs. Moi, j'étais un jeune artiste trop gêné pour faire quoi que ce soit de spontané, comme ces gens que j'aime tant observer et tout comme mes héros. J'aime vivre au travers d'eux. Ça me permet de me laisser aller. Mais je sais bien que tout ça c'est que du rêve...

    Bref, ce mec me fixait comme si j'étais très intéressant à regarder et ça me mettait légèrement mal à l'aise. Mais, jamais je n'aurais osé le lui dire ! Je me tue donc. Heureusement, le silence ne se prolongea pas plus que quelques secondes (quelques secondes très gênantes...). Il me dit une phrase un peu bizarre que peu de gens auraient sortis. Je le fixai quelques instants, puis fini par lui répondre, même si j'étais légèrement gêné. Il avait quand même raison. J'avais eu peur de rien du tout. Mais, j'étais comme ça, que voulez vous ?


    « Désolé. Je sais que c'est un peu ridicule quand même, c'est vrai... désolé. »

    Je passai une main nerveuse dans mes cheveux. Déjà, la conversation commençait mal. Enfin, c'était ce que je me disais alors que je m'excusais deux fois de suite sans même m'en rendre compte. On m'avait souvent dit d'arrêter de m'excuser pour rien, mais c'était plus fort que moi. J'avais l'impression que je devais regretté à peu près tout ce que je faisais, que je dérangeais souvent bien plus les gens que je n'aurais voulu le faire. Vous m'avez déjà vu demander un service à quelqu'un ? Ça doit prendre environ une heure pour que le pauvre diable sache enfin où je veux en venir ! Cependant, le jeune homme enchaîna vite avec les présentations. Ah oui... c'était là que j'en étais avant de me faire interrompre par le petit accident et son carnage infernale. Je souris au dénommé Ian en lui répondant :

    « Je m'appelle Asher. Enchanté. »

    Je ponctuai les présentations d'un joli sourire, résistant à l'envie de lui dire qu'il me faisait penser à un petit frère que j'avais eu. Déjà simplement la phrase aurait semblé bizarre et je n'avais pas du tout envie de m'étendre sur le sujet de ma vie, surtout pas avec un inconnu. Quoi que celui-là, il aurait probablement simplement changé de sujet. Il ne semblait pas être le genre de mec qui aime parler de ces trucs...
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MessageSujet: Re: Beat it ! [PV Ivyyyy <3]   Mer 26 Aoû - 22:07

    Gentil. Je me retenais d’éclater de rire, pour le coup. C’était une première, une grande première ! Me dire que j’avais agi gentiment à moi, Poison Ivy, ça n’arrivait que rarement. En fait, à ce niveau-là, c’était plutôt du jamais entendu. J’ai été gâté pour mes prénoms, je trouve. J’ai beau détester porter ce nom de fille, je dois avouer qu’il me va bien. Mais seulement quand on rajoute poison devant, sinon, oubliez. Et puis Dexter, le p’tit savant fou dans le dessin-animé ou bien le policier sociopathe assassin de la série, ça me convenait bien. Même très, très bien. Bref. Moi j’étais bien content d’être débarrassé de ces crayons, ils me restaient une seconde de plus entre les mains et je crois que je les aurais faits cramer avec mon briquet, là, en plein dans le musée de cire. Bon, évidemment, ce jeune homme n’était pas au courant de mes pensées intimes. Ça devait être pour ça, les mots aimables et les sourires tout aussi charmants. De toute façon, j’avais rendu service tout simplement par défaut, parce que je n’avais rien eu d’autre à faire sur le moment. Et que si je ne les avais pas ramassés, il aurait dû le faire et ça aurait sans doute pris beaucoup plus de temps qu’avec moi et il m’aurait plus vite emmerdé. En général, les gens étaient lents et inefficaces. J’avais juste anticipé, au final. Comme toujours, quoi. Et je ne m’étais aucunement, le monde entier l’avait espéré pourtant, montré gentil.

    J’en avais marre qu’il me remercie pour un oui ou pour un non. Que de bêtises, que d’inutilité. Enfin, on va dire qu’il était parfait dans le rôle d’Ash : complètement, indéniablement, désespérément, i-nu-ti-le. Si jamais je faisais un film sur ma vie, je l’appellerais pour le casting. Mais ce n’était rien comparé à la suite. Je le dévisageais encore, me remémorant les caractéristiques qui différenciaient souvent chez deux sosies. J’avais lu un bouquin là-dessus. J’avais lu des livres qui traitaient d’à peu près tout les sujets possibles et imaginables en même temps, mais bon. Ça n’avait bien sûr aucun intérêt sur le moment, étant donné qu’il ne faisait que me rappeler vaguement Asher. Je ne pouvais pas me faire une image précise de mon frère adulte, je n’étais pas aussi surdoué. Même avec un Q.I. supérieur, c’était impossible de faire ça. A la limite, les logiciels de vieillissement étaient corrects, mais pas au détail près. C’est alors qu’il s’excusa, deux fois en une phrase, en plus ? Il s’excusait d’avoir eu peur, ça, c’était assez incroyable ! Il n’y avait rien de plus exaspérant à mes yeux. Il devenait ennuyant, là. Je n’allais pas tarder à me lasser et à finir ma visite, sans doute.

      « Pour le nombre de personnes ridicules sur cette planète, tu n’as pas à être désolé. Tu ne l’es pas sincèrement, j’espère ? »

    Je soupirai et regardai les gens qui passaient devant la statue de Michael Jackson, qui était la précédente occupation de l’artiste. Il n’y avait rien d’assez intéressant pour pratiquer le voyeurisme dans cet endroit. La plupart du temps, c’était des Japonais avec un appareil photo très enthousiasmé par ces morceaux de bougie. Ou bien une maman avec son fils qui chialait parce qu’il voulait absolument retourner chez lui pour jouer à ses jeux vidéos. Peuh. Je m’étais donc présenté sous un faux nom, je n’avais plus qu’à attendre qu’il me dise le sien. Quoique… J’étais pas sûr de vouloir patienter jusque-là. J’avais envie de voir ma chambre des horreurs et de rentrer pour m’assurer qu’Exta allait bien. Ce chien, c’était bien la seule créature pour laquelle je m’inquiétais dans cet univers. N’était-ce pas fabuleux ? J’étais capable d’éprouver de la sympathie… Mais uniquement pour une bestiole à quatre pattes qui pissait sur les bouches d’incendie et qui ne s’exprimait qu’en « Woaf. ». Génial, trop génial. Et les humains, ils héritaient du mépris et de l’agacement. Bah, c’était leur faute, ils n’avaient qu’à être moins… Asher ? Comment ça, Asher ? Pour m’intéresser, là, soudainement, le marqueur curiosité était à son maximum. Etait-il envisageable que ce soit le même ? Mon Asher, mon frère aîné qui m’énervait quand j’étais gamin ? Je ramenai vivement mon visage vers lui, un sourire radieux aux lèvres. J’aimais bien ça, la situation me semblait beaucoup plus amusante.

      « Asher ? C’est un prénom original. »

    Je lui souriais un peu plus, il allait finir par croire que je voulais le bouffer. Si j’étais très franc au naturel et que j’étais un adepte des vérités qui font mal, je pouvais aussi être un petit monstre manipulateur. Mais tout d’abord, il fallait que j’en aie le cœur net. Je devais faire attention à ce que je demandais, maintenant. Au cas où ce serait le Asher qui avait le même sang que moi dans ses veines. Si c’était bien lui, je n’avais pas du tout l’intention de lui dire que j’étais Ivy, son petit frère qu’il n’avait plus vu depuis presque dix ans. Cependant, il me fallait vérifier ma théorie. Il avait beau ressemblé à Ash, être tout aussi inutile et poli que ce dernier et posséder le même prénom, ce n’était peut-être que de nombreuses coïncidences. J’allais faire ça tout en finesse. S’il avait quatre ans de plus que moi, ça devenait suspect, s’il était né à Liverpool comme moi, c’était presque certain, s’il avait fréquenté un orphelinat, il n’y avait plus de doutes sur la personne. Je commençais par ce qui me semblait le plus simple :

      « Diiis, tu vis à Londres depuis longtemps ? »


Dernière édition par Ivy D. Lockland le Ven 28 Aoû - 13:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Beat it ! [PV Ivyyyy <3]   Ven 28 Aoû - 9:07

    Tant qu'à y être et pour ne pas me sentir trop mal à l'aise sous le regard scrutateur du jeune inconnu, je commençait à ranger délicatement mes crayons dans la boîte prévue à cet effet. Je n'étais peut-être pas du genre trop axé sur le ménage et tout, mais je devais avouer que ma nature perfectionniste reprenait le dessus sur bien d'autres aspects, notamment sur le rangement de mon matériel d'art. Pour que tout soit parfait, je devais ranger mes crayons dans l'ordre de couleur de l'arc-en-ciel, selon le numéro de la teinte du dit crayon. Ainsi, tout était toujours parfait et je trouvais mes crayons très facilement. Ça pouvait sembler vraiment bête pour la majorité des gens, surtout ceux qui lancent leurs crayons n'importe où, mais moi, quand il n'y en avait qu'un seul à la mauvaise place, ça me donnait des envies de frapper... Pas que je sois d'un naturel violent, mais mes crayons devaient toujours être à leur place, point barre ! De toute façon, vous en déplacez un et il y en a forcément deux qui sont au mauvais endroit. C'est un cercle vicieux et ça n'arrête jamais, bon !

    Pendant que j'effectuais cette précieuse manœuvre, mon compagnon de banc ouvrit à nouveau la bouche. Je n'osai pas le regarder sur le coup, sachant qu'il me dévisageait toujours étrangement, un peu comme s'il m'observait. J'étais mal à l'aise, mais ne pouvait me résoudre à lui demander de regarder ailleurs. Après tout, il n'y avait aucune loi interdisant aux gens de m'observer, non ? Sauf si c'était dans mon intimité, naturellement... Mais, ce n'était pas du tout le cas présentement. Je ne répondis pas tout de suite à ce qu'il me demanda. Enfin... Si, j'étais réellement désolé. Pourquoi pas ? Après tout, ce n'était pas péché, d'être désolé, non ? Apparemment, le prénommé Ian ne semblait pas penser la même chose que moi. Je relevai la tête et le regardai à mon tour. Cette manière qu'il avait de dire les choses... et ce grand regard curieux qui vous déshabillait presque en un clin d'oeil. C'était du Ivy tout craché. À cette pensé, je fermai les yeux et les gardai ainsi pendant un bref moment. Si je continuais à penser à lui, je n'étais pas sorti de l'auberge. J'ouvrai à nouveau les yeux et ouvrit finalement la bouche.


    « Eh bien, je... J'en sais rien. Peut-être... Mais probablement pas toujours. C'est un peu... un réflexe, je crois. »

    En fait, je n'y avais jamais vraiment songé. Lorsque je m'excusais à tout bout de champ, l'étais-je réellement ? Peut-être était effectivement la bonne réponse. Je ne voulais pas affirmer que c'était vrai. Dans un tel cas, ça aurait probablement signifié que j'étais désolé d'exister tant je pouvais m'exuser souvent en une journée. Mais, je savais très bien que ce n'était pas le cas. Je suis peut-être un timide, surtout avec des gens que je viens tout juste de rencontrer, mais je ne suis pas stupide pour autant. Je sais bien que je n'ai pas besoin d'être désolé d'exister... ce serait un peu con à l'extrême là et j'espère bien ne pas être de la partie pour ce coup-là. Quoi qu'il en soit, ce jeune homme, qui qu'il fût, venait de soulever un point assez intéressant auquel je m'attarderai plus tard. Pour l'instant, il semblait soudainement bien curieux de savoir certaines choses à propos de moi, ce qui me sembla un peu étrange sur le coup. Lorsqu'il me dit que j'avais un prénom original, je laissai échapper un petit rire sarcastique en lui répondant.

    « Original... C'est bien tout ce qu'il a de bien. J'avoue ne pas connaître d'autres Asher, c'est déjà ça. »

    Ce n'était un secret pour personne : mon nom n'était pas dans le top 10 de mon listing des plus beaux noms au monde. Il me faisait penser à de la cendre... Et personne n'aime la cendre, c'est bien connu. Je ne suis quand même pas un gros morceau de charbon, alors pourquoi m'avoir appelé comme ça ? Ivy était un joli nom et j'aurais de loin préféré avoir celui-là, même si le fait qu'il tende vers une forme très féminine soit un peu controversé. Au moins, ce n'était pas un prénom qui nous inspirait un truc noir et dégoûtant ! Et c'est justement là que j'en conclus qu'il s'intéressait anormalement à mon cas : il me demanda d'où je venais. Voyez vous, je n'avais connu un cas comme lui qu'une fois et c'était mon petit frère. Ce genre de personne ne s'intéresse pas à l'endroit d'où vous débarquez, ni même souvent simplement à votre nom. Alors pourquoi celui-là me demandait-il un truc du genre ? Enfin.... en gentil garçon poli que j'étais, je lui répondis. Je n'allais pas esquiver la question en prétendant qu'il n'était pas supposé s'intéresser à ça, tout de même !

    « Longtemps ou pas, ça reste une question de point de vue. Je suis ici depuis environs trois ans. Et toi ? Tu es natif d'ici ? »

    Plus je passais de temps dans la capitale et plus je m'étonnais de voir que la plupart des gens habitant Londres venaient d'ailleurs. Je n'aurais même pas été surpris de savoir qu'il ne venait pas d'ici, ce gamin là. Après tout, c'était un peu normal. Londres avaient de nombreux attraits auxquels les gens de l'extérieur avaient du mal à résister. Ce fut le cas pour moi avec l'école des Beaux-Arts. Je déposai mes crayons à côté de moi, cette fois sans lâcher le jeune homme du regard. Cet espèce de grand sourire qu'il m'adressait semblait déguiser quelque chose... Je ne pouvais pas dire quoi. Il était bizarre ce Ian, c'était sûr. Je détournai finalement le regard pour poser les yeux sur l'immobile Jackson. Je commençais à en avoir marre de voir sa tronche, à celui-là... Je parle de Jackson, naturellement ! N'allez pas penser que... non, quand même...!
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MessageSujet: Re: Beat it ! [PV Ivyyyy <3]   Lun 31 Aoû - 16:41

    S’excuser… Un réflexe ? Waah, ce type était définitivement aussi bizarre qu’Asher. En plus, il avait auparavant rangé ses crayons… Par ordre de couleurs ! Qui était assez maniaque pour faire ça, franchement ? C’était pire que de ranger les boîtes de céréales en fonction des nutriments qu’elles contenaient. Ce que je faisais moi, en fait. Uhm, sans commentaire, d’accord ? Moi, au moins, je ne répétais pas désolé à chaque fin de phrases. Et il y avait des trucs qu’il fallait ranger convenablement pour les retrouver plus facilement. J’avais tellement de livres chez moi, pire qu’une bibliothèque sérieusement, du coup j’étais obligé de les regrouper par auteur. Et oui je connaissais chaque nom de ceux qui avaient écrits les cinq cents soixante-sept bouquins qui se trouvaient dans mon appartement, alignés sur des étagères qui étaient réparties un peu partout dans les pièces, excepté la salle de bains, évidemment. J’étais pas encore assez taré pour lire sous la douche ou en me brossant les dents. Quoique. Malgré tout, pour tout le reste de mes affaires c’était le bordel absolu. Pourtant, je me rappelais de la place de chaque objet, comme si ce qui semblait à première vue être un capharnaüm était en fait parfaitement agencé. Mais je dirais plutôt que c’était ma mémoire qui était juste infaillible. Je n’oubliais jamais où j’avais posé un truc. La capacité de stockage de mon cerveau était impressionnante, on me le répétait souvent à l’orphelinat. Style : « Tu te souviens encore de ça ? Waah ! ». Rien de très complexe, cependant, il suffisait d’y prête une infime part d’attention et hop, on retrouvait directement ce que l’on voulait. Les gens sont pas conscients de ça. Ni que dire pardon est la plus inutile des choses dans ce monde.

      « T’as de drôles de réflexes alors. Surtout que là y’avait même pas une bonne raison de t’excuser. C’est louche. »

    Je lui jetai un regard faussement suspect, puis s’en suivit un long silence, du moins il me parut long, durant lequel je m’adonnais à un de mes passe-temps favoris : dévisager ceux qui m’entouraient avec un air insistant pour les faire flipper. Lui, il devait être plongé dans des réflexions sans queue ni tête et je n’avais pas envie d’en savoir plus. Ça ne me dérangeait pas que personne ne parle, jamais. Justement, je m’en rendais rarement compte. C’était un peu des vacances pour moi, être seul représentait tout le bonheur que je pouvais avoir à mes yeux. Je trouvais ça stupide d’avoir besoin des autres pour se sentir bien. Les relations, ça n’avait du bon que quand ça servait à te hisser en haut de l’échelle. Et à s’amuser si on s’ennuyait le soir. Rien de plus, rien de moins. Oh oui, j’avais décrété il y a très longtemps déjà que les êtres humains ne valaient rien du tout si ce n’est le prix de leurs vêtements et bijoux qu’ils portaient. La valeur sentimentale n’existait pas. C’était simplement une jolie invention des romantiques. Les priorités chez les hommes, c’étaient l’argent et le sexe. Et moi, je me contentai très bien de ces deux choses-là, je n’avais pas besoin de plus. Ça peut paraître méchant et monstrueux de penser de cette façon, mais j’ai jamais eu de cœur. Sauf lorsqu’il s’était affolé pour ce serveur blondinet du Trocadero. J’avais détesté me sentir ainsi, alors je ne comprenais pas du tout ce que les gens trouvaient à l’amour. Ces émotions qui me tiraillaient dès que je le voyais m’énervaient, j’arrivais pas à les supporter. Entre mes sentiments et moi, il y avait un immense fossé dont les bords ne se rapprocheraient jamais. Asher en avait fait les frais, Asher qui était peut-être là assis à côté de moi.

    Il n’avait jamais tout à fait adopté son prénom, je me rappelais encore lorsqu’il me répétait que j’avais de la chance de m’appeler Ivy. Que c’était joli, adorable, et gnagnagna. Moi je voulais bien échangé. Il n’arrêtait pas de dire que Asher c’était comme de la cendre alors je lui répondais que j’avais le nom d’une espèce de plantes grimpantes et que j’avais de meilleures raisons de me plaindre parce qu’on l’attribuait généralement aux filles. Si ça se faisait, notre chère maman avait même pas remarqué que j’étais un garçon. En trois mois, elle avait peut-être pas eu le temps de comprendre, la pauvre. Déjà petit on m’emmerdait trop souvent avec ça, à cause de Poison Ivy et compagnie. J’aurais aimé que cette foutue plante grimpante soit en réalité une plante carnivore. Je les aurais tous bouffés pour le déjeuner. Asher, lui, n’avait aucun problème. Son prénom était original, mais passait tout de même assez inaperçu. M’appeler comme une méchante de Batman ne me plaisait pas. Peut-être que notre mère avait aussi anticipé le fait que je serais homosexuel et très vilain. Elle aurait donc eu un soupçon d’intelligence ? Hum, nan, j’y croyais pas à ça. Bref, ce jeune homme correspondait beaucoup à mon frère, et ça me brûlait la langue de vouloir lui poser des tonnes de questions détournées afin de connaître la vérité nette. Il était à Londres depuis trois ans, bien. Il habitait où avant ? Je ne savais pas si mon frangin avait eu une famille, finalement, donc il me fallait son lieu de naissance pour être sûr. Moi, natif d’ici ? Oh oui, ça c’était certain. J’allais lui mentir sur toute la ligne. Aucun indice tant qu’il me restait des incertitudes quant à notre lien sanguin.

      « Oui, Londres est une belle ville, j’ai jamais quitté l’endroit à part pour les vacances. Mais j’aurais bien aimé être de Liverpool, comme les Beatles. Et toi, tu vivais où avant ? »

    Hahaha, j’étais de Liverpool. Les Beatles c’était bien le seul attrait de cette ville. Et Londres, belle, j’avais dû tourner ma langue sept fois dans ma bouche avant de prononcer cet adjectif. Une ville, en soi, ce n’était jamais beau. C’était idiot de s’extasier devant des bâtiments. Quel intérêt, franchement ? Il y avait des choses mille fois plus palpitantes, du genre, est-ce que c’était mon frère tant pas aimé à côté de moi sur ce banc du musée Madame Tussauds à cet instant ? Si c’était pas lui, c’était fini pour la curiosité, mais bon. L’espoir fait vivre, ça fait assez humain de dire ça ? Erk.
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